La mort dans le bouddhisme tibétain.

Publié le par Lila

L'article qui suit est un témoignage écrit spécialement pour mon humble blog et ma personne. Merci donc à l'auteur car il est vraiment instructif et amène à une réflexion intérieure.

Bonne lecture !

Lila

Dans cette tradition, la mort est une épreuve redoutable, non pas en tant que telle mais parce que l’esprit, « emporté par le vent du karma » peut aller à peu près n’importe où…Tout dépend de la dernière pensée que l’on a. C’est elle qui détermine l’endroit où l’on ira et la prochaine réincarnation.
Pour limiter les dégâts, il y a des pratiques qui sont variables selon les initiations que l’on reçoit d’un Maître incarné, d’un Lama. 
Ces niveaux d’initiation sont au nombre de quatre. Pour les gens qui n’ont pas reçu d’initiation, il faut simplement éviter de commettre les cinq fautes dites à rétribution immédiate c’est à dire, tuer, voler, semer la discorde, etc…et entretenir des pensées altruistes et positives.

 


Passons aux niveaux d’initiation:


(Je donne à peu près du premier au quatrième).
La pratique du « fil rouge ». On visualise après chaque prière à un Bouddha qu’un fil rouge part de notre coeur et va s’attacher à son orteil. A la mort,  on suivra le fil et on se retrouvera au pied du Bouddha. Attaché à son pied… sauvé !
Ce qui est nettement mieux que d’aller faire un séjour (long mais pas définitif, ouf!) dans les enfers chauds, les enfers froids, les enfers des cloques percées, etc. Il y a une grande variété d’enfers…


La pratique de « Déouatchène » ou de la visualisation du paradis. Qui d’appelle en fait le Pays des éléphants blancs. C’est tout simplement un endroit pour le moins sympa et paradisiaque qui est un vaste jardin couvert de belle herbe verte avec des éléphants blancs qui se promènent et des bosquets un peu partout où des Lamas enseignent à des disciples assis autour d’eux. Plus la visualisation est forte, c’est à dire plus elle est répétée souvent, plus on a de chance d’aller dans cet endroit. (Et donc de bénéficier non seulement d’un séjour sympa mais en plus de progresser grâce aux enseignements que l’on reçoit).
Je pense d’ailleurs que beaucoup de propos tenus par des médiums sur l’aide que l’on peut recevoir de Guides, d’accueil à la mort par des parents, des amis, des Maître spirituels ou autres, évoquent quelque part ce monde de Déouatchène.


La pratique du « Mandala ». Chaque Bouddha ou chaque Déité (en fait chaque Bouddha) a une maison à lui, maison qui est représentée sous forme d’un mandala. Ce mandala est en fait une maison représentée à plat, parfois de plusieurs étages (maximum trois) avec des portes aussi représentées à plat. En visualisant ce mandala, on va, à la mort, atterrir dedans, c’est à dire  se retrouver dans la maison de la Déité ou du Bouddha. Pas mal de Centres Bouddhistes représentent d’ailleurs de tels mandalas. Pour le centre Kadampa en Grande-Bretagne, c’est celui de Vajra Yoguini, une Déité particulièrement puissante.
La pratique de la « syllabe germe ». Au début, il y a le son (ce qui rejoint l’Evangile de Saint Jean : au commencement était le Verbe). Donc on part d’une syllabe, qui est évidemment  en alphabet tibétain, et de cette syllabe, un monde qui est aussi celui d’une Déité, se forme et apparaît. En visualisant cette syllabe germe, on arrivera, à la mort, devant cette Déité ou ce Bouddha.
Au fond ces techniques ont pour but de ne pas se paumer et d’arriver là où on veut…

 


Quelques remarques:


Ce qui est très important c’est d’abord que le défunt ne soit pas touché pendant au moins trois jours après le décès. C’est important car l’esprit reste encore un peu rattaché au corps et ce n’est pas la peine de le perturber, il l’est déjà suffisamment comme ça !
Ensuite la pratique choisie ou donnée par le Lama doit être répétée tous les jours, le plus souvent possible et surtout dans une période ou l’on subit une forte perturbation, par exemple l’attaque d’un chien comme ça m’est arrivé récemment ou un choc émotionnel. Si on a la chance (si on peut dire) de faire sa pratique dans un pareil moment, ou simplement de s’en rappeler, on la fera aussi au dernier moment…
Enfin je cite la pratique dite des Six Yogas de Naropa qui est intéressante parce que le pratiquant qui les étudie  doit dormir assis dans une caisse en bois. (pendant trois ans, trois mois, trois jours… c’est long!)
Pourquoi?
Pour que le sommeil soit léger et finalement maîtrisé. Si l’on obtient des rêves lucides grâce à cette méthode, à partir du sixième rêve il est dit qu’on a maîtrisé son esprit et qu’on ira où l’on veut.
Un beau livre à lire c’est celui de Lama Sogyal, le livre tibétain de la vie et de la mort. Par contre, les pratiques des initiations, pratiques que je viens d’indiquer, ne s’y trouvent naturellement pas.


Conclusion:

Il faut faire attention à ce qu’on pense ! Si l’on entretient des pensées positives, on sera plus attiré par du positif.  Tandis que si ce sont des pensées de haine, d’agressivité, notre esprit penchera à la mort sur ce genre de pensées et l’on aura des problèmes: ce monde dans lequel on sera, le plan ou le niveau où l’on va atterrir après la mort sera pénible et on aura l’impression d’être constamment en danger.


Enfin pour les Tibétains toujours, si le début du séjour du défunt dans son plan ou son niveau n’est pas mal, souvent même très agréable  comme le vivent ceux qui expérimentent des EMI, ensuite ça peut se corser et les visions être particulièrement affreuses : voir le Livre des morts tibétain dans sa seconde partie, celle des Déités Irritées.
Un jour,  j’ai posé la question justement des EMI à un Lama. C’est du vrai ou du pas vrai? C’est comme ça ou pas?
Réponse: Oui c’est souvent très bien dans ce type d’expérience mais…tant que l’esprit peut revenir, ce n’est pas réellement la mort parce que de la mort ben…on n’en revient pas ! 
Les expériences vécues, d’amour, de bain de lumière et autre, c’est simplement ce qui est dit comme étant la Claire Lumière de l’Esprit, c’est à dire l’esprit libéré pour un moment des contraintes de vivre dans un corps. Après c’est une autre paire de manches!
 

Publié dans spiritualité

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